Les positions qui différencient C.Estrosi du FN (Team 1er degré s’abstenir)

Aujourd’hui, l’UMP, à la demande de Nicolas Sarkozy, a investi C. Estrosi, l’actuel député-maire de Nice, comme candidat pour les régionales en PACA.
J’ouvre et ferme aussitôt la parenthèse sur le fait que C. Estrosi vise, s’il est élu, le top 10 des cumulards de mandats , fonctions et autres titres honorifiques.
Pour continuer, le député-maire de Nice a été choisi pour faire face, entre autres, dans cette course à la présidence de la région PACA, à la nièce de Jean-Marie Le Pen, Marion Le Pen, candidate déjà investie par le parti d’extrême-droite .

Ce billet, recensant les principales idées du maire de Nice qui l’opposent au FN, aidera donc les électeurs de droite qui hésitent entre l’UMP et le FN et seraient tentés par un vote blanc ou une abstention lors du scrutin.

Liste, non exhaustive, des arrêtés municipaux pris par le maire de Nice le différenciant des idées du FN

– C. Estrosi est contre les mariages bruyants (pointant du doigt sournoisement les mariages maghrébins) , il a ainsi ciblé les « cris« , les « sifflets« , la « musique« , les « groupes folkloriques sans autorisation« , les « bousculades sans discontinuité » et, déjà, les drapeaux « notamment étrangers« .
– C. Estrosi a pris un arrêté municipal « anti-bivouac » portant atteinte à la liberté d’aller et venir des personnes sans logement.
– C. Estrosi a écrit un « guide pratique » contre les roms qu’il a adressé aux maires de France.
– C. Estrosi juge que l’Islam et démocratie ne sont « absolument pas » compatibles.
– C. Estrosi a pris un arrêté municipal qui interdit « l’utilisation ostentatoire » de drapeaux étrangers pendant la Coupe du monde de football, visant toujours sournoisement la communauté maghrébine.
– C. Estrosi a instauré, fin 2009, un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans
– C. Estrosi prend en 2013 un nouvel arrêté pour permettre « à la police municipale de contrôler les populations qui vagabondent dans la rue, notamment les Roms« .
– C. Estrosi, début 2012, met en place un arrêté contre la « mendicité agressive ».

J’espère qu’après la lecture de ces quelques points, vous, électeurs de droite, y verrez plus clair et que votre choix est maintenant évident et naturel :

VOUS VOTEREZ BLANC, VOUS IREZ À LA PÊCHE DURANT CE SCRUTIN OU VOUS ORIENTEREZ VOTRE CHOIX VERS UN CANDIDAT PLUS RÉPUBLICAIN ? .

Le FN, la technique de la « tête de gondole » et son jeu des chaises musicales

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Cà y est, tout le monde peut reprendre une activité normale, Jean-Marie Le Pen se retire des régionales et passe le relai à sa petite-fille Marion. Tout ceci était si prévisible et scénarisé depuis longtemps que rien ne pouvait entacher cette passation de relais intra-dynastie, rien sauf …
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… la position tenue par « la patronne » du FN en PACA concernant le cumul des mandats.
Je cite « je suis contre le #CumulDesMandats. » Cette position est claire et ne laisse aucune place à l’ambiguïté et je n’ose donc imaginer que l’actuelle députée du Vaucluse s’assiéra sur ses convictions dans le cas où elle gagnerait les élections régionales en PACA.

Politic-fiction : Projetons nous au lendemain des régionales, le couperet tombe et la députée Le Pen sortirait gagnante du scrutin. Que se passerait il ?

La tambouille politicarde électoraliste commence …

Respectant sa position sur le non cumul des mandats, Madame Le Pen laisserait donc sa place sur les bancs de l’assemblée nationale à son suppléant …

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… Qui n’est d’autre que Hervé De Lepinau, candidat malheureux aux élections municipales à Carpentras …, mais fraîchement élu conseiller départemental . Ne pouvant pas imaginer que l’hypothétique nouvelle présidente de région, au nom du non cumul des mandat, céderait sa place sur les bancs du palais Bourbon à un cumulard, Hervé De Lepinau se verrait donc lui même obligé de ne pas honorer son mandat de conseiller départemental pour lequel il a été élu et céderait donc sa place à sa suppléante .

Autre cas de figure: toujours au nom de sa position sur le non cumul des mandats, Marion Le Pen fait le choix de garder le siège de député et laisse la place à la région à son suppléant (non connu actuellement) à la région. On assisterait donc à une sorte de mise en avant de la marque « Le Pen » pour faire élire un suppléant . La nièce de la présidente du FN en serait donc réduite à être une simple « tête de gondole ».

Lorsque la politique, et ses basses manœuvres politiciennes, s’apparente à un jeu des chaises musicales ou au candidat assimilé à un produit d’appel permettant de m’être en place un suppléant .

Bref, dans l’absurde, je pense que les politiques ne peuvent pas mieux faire comme tambouille …

Comment y remédier ?

La loi du non cumul des mandats, promesse du candidat Hollande votée en 2014, rentrera en vigueur en 2017. Mais est elle suffisante ?
Je ne pense pas.
Elle devrait être améliorée afin d’empêcher ce type de situation . Elle devrait obliger, la façon éthique ne suffisant plus, l’élu à honorer le mandat exclusif pour lequel il a été démocratiquement désigné et surtout l’empêcher d’être candidat pour un quelqu’autre mandat supplémentaire .

Il faudra pour cela faire évoluer la loi vers une interdiction du cumul des mandats avec une quelqu’autre candidature . Ce qui empêcherait la manœuvre politicienne des « têtes de gondole » ne servant uniquement à parachuter des suppléants.

La grande comédie du FN ( avec en bonus la liste des condamnations de Jean-Marie Le Pen )

Asseyez vous, mettez vous à l’aise devant BFM TV, la grande comédie du FN prend une nouvelle dimension et monopolise toutes les chaînes info et radio . Basé sur un fond de scandale familial, ce scénario traitant de la déchirure entre un père, sa fille et sa famille politique, hypnotise les électeurs et rendrait presque Marine Le Pen sympathique et si différente de son père . 

Tout commence par une simple interview de Jean-Marie Le Pen dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivaroldont vous trouverez une synthèse ici, qui rapidement met le feu aux poudres et fait réagir les cadres du Front National . Issue de cette interview, une déclaration nauséabonde, dont le président d’honneur du FN a le secret, vient allumer la mèche : 

« Comme je l’ai déjà dit, je n’ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître. L’on a été trop sévère avec lui à la Libération« 

La bombe est lâchée …

Après avoir déclaré une énième fois sa flamme à Pétain, le patriarche s’attire les foudres des lapins de 6 semaines du parti. Et pour cause, ce même parti est en pleine opération de tentative de facing après la centaine de dérapages de ses candidats durant la campagne des élections départementales ( les divers dérapages ).

La garde rapprochée de Marine Le Pen, les élus et Marine Le Pen elle-même ont développé une stratégie de dédiabolisation du parti et vont la mettre en pratique de plateaux TV en plateaux TV. Cette stratégie consiste pour les invités des émissions  à mettre à la marge le fondateurs de la dynastie Le Pen et à faire semblant de tomber des nues à la découverte de ses propos dans l’interview . 

Laissant croire aux électeurs que les nouveaux responsables du Front National ignoraient tout des idées du père de Marine Le Pen et découvrent, du coup, qu’il n’est plus fréquentable.

Tout ceci serait crédible si le passé de Jean-Marie Le Pen n’avait pas été si sulfureux et rythmé par de multiples condamnations pour racisme, négationnisme, incitation à la haine …

Ce passé ( que vous trouverez ci dessous ), connu de toujours par la nouvelle équipe dirigeante, rend les intervenants condamnant JM Le Pen au bûcher peu crédibles .

La stratégie de dédiabolisation du FN s’écroule donc, et accompagne le père Le Pen dans sa déchéance . 

Liste des condamnations de Jean-Marie Le Pen

  1. Janvier 1960 : condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police  ( Article de journal de l’époque )
  2. 27 avril 1964 : il est condamné pour « coups et blessures volontaires », avec dommages et intérêts. Se jetant sur un étudiant en médecine dont il n’a pas apprécié une réflexion, il le laisse avec une incapacité corporelle de trois semaines. 
  3. 16 janvier 1969 : condamné à trois mois de prison avec sursis et 20.000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris. Pour des faits datant du 21 décembre 1965, passablement imbibé, Jean-Marie Le Pen se trouve à 5 heures du matin au Scotch Bar, à Montparnasse, quand un autre noctambule fait des allusions désagréables à propos de sa gestion de la Corpo de droit au début des années 50. Hors de lui, Jean-Marie Le Pen d’un seul coup de poing, l’envoie au sol, où sa victime reste inanimée.
  4. 14 janvier 1971 : reconnu coupable par la Cour de cassation d’« apologie de crime de guerre ». La pochette d’un disque édité par la Serp, maison de disque créé par Jean-Marie Le Pen lui même, affirmait : « La montée vers le pouvoir d’Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu’il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »
  5. 11 mars 1986 : les diverses condamnations pour des sorties antisémites commencent. Ce jour là, il est condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux » (peine confirmée en appel le 9 juillet). Il s’en était violemment pris à des journalistes juifs ou d’ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu’il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n’avoir « appris le français que récemment ».
  6. 27 mars 1986 : récidiviste, il est reconnu coupable d’apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque, toujours sous son label Serp, sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler ».
  7. 18 mars 1991 : le fameux épisode du « point de détail », pour lequel il est condamné par la cour d’appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l’humanité » et « consentement à l’horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. […] Si, c’est un point de détail ! Voulez-vous me dire que c’est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c’est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions. » Jean-Marie Le Pen doit verser dix francs au MRAP, cent mille francs aux neuf autres associations s’étant portées parties civiles. Il doit faire publier le jugement à ses frais dans cinq quotidiens nationaux, pour quinze mille francs chacun, à concurrence de 15 000 F, et dans cinq hebdomadaires, à concurrence de trente mille francs. En outre M. Le Pen est condamné aux dépens, et doit verser, au titre de l’article 700 du code de procédure civile, mille francs à chacune des dix associations (« L’affaire du “point de détail” — La cour d’appel de Versailles aggrave les peines prononcées contre M. Le Pen.
  8. 23 mai 1991 : avant la supposée utilisation du terme par Sarkozy contre Bayrou ( Article ), Le Pen est condamné par la Cour d’appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l’immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».
  9. 27 mai 1992 : condamné pour « diffamation » par le tribunal de grande instance de Paris à 1 F symbolique de dommages et intérêts à Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Marie Le Pen avait qualifié le député PS d’« ancien — ou toujours — trotskiste, et ami des organisations terroristes allemandes »
  10. 3 juin 1993 : condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d’amende par la Cour d’appel de Paris « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l’époque, Michel Durafour, appelé « monsieur Durafour-crématoire » (Le Monde, 5 juin 1993). Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.
  11. 8 novembre 1995 : condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».
  12. 15 novembre 1996 : condamné le tribunal de grande instance de Mont-de-Marsan à 10 000 F de dommages et intérêts pour avoir tenu des propos ayant « gravement porté atteinte » au président du tribunal d’Auch. Vous trouverez un article évocant cet ennocé ici
  13. 6 janvier 1997 : condamné à 6 000 F d’amende et 1 F symbolique de dommages et intérêts par le tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié l’association Ras l’front de « mouvement de tueurs de flics ».
  14. 4 juillet 1997 : condamné à 5 000 F d’amende par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, pour avoir traité le président de SOS-Racisme, Fodé Sylla, de « gros zébu fou » lors d’une conférence de presse
  15. 26 décembre 1997 : condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages et intérêts à onze associations plaignantes, et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre l’humanité, consentement à l’horrible », pour avoir dit lors d’une conférence de presse en compagnie de Franz Schönhuber, le 5 décembre 1997 à Munich que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s’appelle un détail ». Le 10 septembre 1999, la cour d’appel de Versailles confirme la peine
  16. 2 avril 1998 : condamné à deux ans d’inéligibilité (réduits à un an par la cour d’appel, qui ajoute 8000 F d’amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits requalifiés par la Cour d’appel en « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d’élue) lors des législatives de 1997.
  17. 9 septembre 1998 : condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l’effigie de Catherine Trautmann lors d’un meeting du Front national en mai 1996. Le tribunal parle d’« mise en scène macabre et choquante évoquant l’image de la mise à mort par décapitation visant d’une manière certes symbolique mais intolérable à l’élimination de l’intéressée », et estime que « l’agressivité de cette mise en scène est de nature à susciter envers Catherine Trautmann un climat d’hostilité excédant les limites admissibles d’un débat d’opinion dans une société démocratique »
  18. Novembre 1998 : condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à 10 000 F de dommages et intérêts à l’Union des étudiants juifs de France pour avoir déclaré « Je crois à l’inégalité des races », lors de l’université d’été du FN, le 30 août 1996
  19. 10 juin 1999 : condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d’amende par le tribunal d’instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail »
  20. 2 avril 2004 : Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l’an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l’homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour de cassation.
  21. 8 Février 2008 : Trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende pour avoir dit, en 2005, dans la revue d’extrême droite Rivarol que l’occupation allemande n’avait pas été « particulièrement inhumaine« . Peine confirmée le 21 janvier 2009 par la cour d’appel de Paris.
  22. 19 Décembre 2013 : Il a été condamné à 5000 euros d’amende pour ses propos sur les Roms, qui, avait-il dit, « comme les oiseaux« , voleraient « naturellement« . Le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable d’injure publique envers un groupe de personnes en raison de son appartenance à une ethnie.