Un séisme politique sur Twitter ! Qui ressent la secousse ?

Aujourd’hui à 9h43 (heure de Paris), un séisme de forte magnitude a eu lieu sur la twittosphère. Son épicentre se trouve rue de Solferino, au siège du Parti Socialiste, et plus précisément, dans le bureau de son Premier Secrétaire, Jean-Christophe Cambadelis .
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Après avoir fait trembler toute la classe politique, ce message simple en moins de 140 caractères risque de faire couler beaucoup d’encre, de nombreux analystes politique feront une lecture et y verront ces interprétations :
– un simple règlement de compte entre M Cambadelis et un Ministre n’ayant pas assez à régler avec son maroquin et désirant s’initier dans la politique politicienne. => le PS ressent la secousse
– un ministre dépressif et pessimiste qui baisse les bras trop tôt en vue de la bataille électorale de cette fin d’année, à un tel point qu’il souhaite déjà des alliances pour le second tour => le gouvernement ressent la secousse
– une guerre d’égo, => le ministre anonyme ressent la secousse
– une ouverture du parapluie de la part de JC Cambadelis sentant la débâcle arriver, => le PS ressent la secousse
– la fin du front républicain, en effet une alliance ne sera désormais plus possible entre le premier parti de gauche et la droite républicaine pour faire face au FN, car le parti de M Sarkozy a décomplexé le langage xénophobe … => le parti Les Républicains ressent la secousse
– …

Personnellement, je pense qu’il y a un peu de tout ça dans ce simple tweet, mais surtout, là où Jean-Christophe Cambadelis l’a joué très fin (malgré la forme du tweet semblant plutôt brute), c’est que ce message sur Twitter est un appel au vote utile dès le premier tour que l’on peut traduire de la sorte :  » Si vous ne voulez pas un second tour Les Républicains / FN qui nous obligerait à des alliances et négociations peu confortables, VOTEZ PS dès le 1er tour. ». => les petites formations politiques de gauches ( EELV, FDG, …) ressentent la secousse

Mais là où il y a erreur dans tout ça, c’est que le FN se trouve naturellement sur le premier rang la scène politique, en situation de leader et de première force d’opposition, car le parti d’extrême droite passe désormais pour la formation à battre.
Mais, j’y pense: N’est-ce pas aussi ce qui est recherché par le PS de JC Cambadelis ?

L’argument que N. Morano n’aurait jamais dû tenir face au Premier Secrétaire du PS.

Cela vous est sûrement passé à côté, mais un débat télévisé, totalement inaperçu, s’est tenu entre 2 poids-lourd (pas de remarque désobligeante sur le physique, s’il vous plait) de la politique : le favori, JC Cambedelis, actuel Député et Premier Secrétaire du PS, face à l’outsider N. Morano, ex Ministre de N. Sarkozy et actuelle Députée Européen.
Ce débat, du 30 Août diffusé sur BFM-TV, aurait dû être une simple formalité pour JC Cambadelis, d’autant qu’il n’y aurait eu aucun mérite à sortir gagnant face à une telle adversaire.
D’ailleurs, dès les premières minutes du débat, le Député de Paris prend de l’avance et domine largement la sarkolatre .

Quand survient le drame …

L’échange entre les 2 protagonistes devient de plus en plus tendu et dérape lorsque l’eurodéputée juge l’attitude du Premier secrétaire du PS « indécente » dans cette forte période de chômage. En effet, le Premier secrétaire s’était vanté sur un autre plateau TV quelques heures auparavant du succès des Universités d’été du PS, en étant aphone à force d’avoir chanté toute la soirée.
À cette attaque, le patron du PS rétorque que celle-ci dansait également l’année dernière lorsqu’il y avait des chômeurs.

Ce à quoi l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy répond aussitôt:
Je cite :

« Vous m’avez reproché de danser, ce qui ne coûte pas un euro. Moi, je n’ai pas été condamnée par la justice ce qui est quand même beaucoup plus grave. »

Et comme si cela ne suffisait pas, elle enfonce le clou :

« Parce que vous, c’est ce que vous incarnez quand même en étant Premier secrétaire du Parti socialiste, c’est-à-dire les mensonges de François Hollande qui avait dit qu’il ne s’entourerait pas de gens condamnés.
Et c’étaient pas de petites condamnations… Vaut mieux peut-être danser le rock et ne pas avoir été mis en cause par la justice qu’autre chose. »

Fin du game.

Ca y est, c’est sorti. L’ex ministre a osé une attaque personnelle en plein débat télévisé. Quelle bassesse …

Comment espérer qu’un débat face à Nadine Morano puisse donner une certaine hauteur à la politique ? D’ailleurs, à quoi d’autre pouvait-on s’attendre d’une intervenante connue pour ses sorties et ses frasques à répétition ?

Mais comment peut exister un tel argument entre deux élus de notre République ?

Tout d’abord, Nadine Morano aurait dû tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de porter une telle attaque. Si elle avait pris soin de parler moins vite qu’elle ne pense, elle aurait dénombré le nombre de cadres et d’élus de son parti ayant été condamnés. Cependant il est clair que le temps qu’elle fasse le compte, le blanc à l’antenne aurait été plus long que ne dure l’émission. Et ceci, sans parler, bien sûr, du président de son parti, non condamné il est vrai, mais dont le nom est cité dans une multitude d’affaires gravissimes .

Mais surtout, le Parti Socialiste ne devrait pas permettre à ses adversaires d’avoir de tel argument. Je m’explique. Le parti ne devrait pas avoir à sa tête une personne condamnée, même si la condamnation est lointaine, et que je considère que tout le monde a droit à une seconde chance. Mais au nom de l’exemplarité de la vie politique tant vendue par le candidat Hollande, le leader du Parti de la majorité présidentielle devrait être exempt de tout soupçon et reproche.
Ce qui évidemment éviterait, par ricochet que le Président de la République soit atteint et éclaboussé par de telles attaques .
Avec un autre leader de parti, les débats de ce type se dérouleraient ,naturellement, en abordant uniquement de vrais sujets de fond et ce type d’invectives ne pourrait être utilisé .

Cambadélis : Me donne t’il raison d’être vigilant ?

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Toujours à l’affût d’informations concernant mon parti, ce matin, je fais un rapide tour sur le blog du futur Premier Secrétaire, le blog de Jean-Christophe Cambadélis.

Afin de consolider sa nomination par son prédécesseur et de prouver sa légitimité à la tête du Parti Socialiste, ce dernier publie sur son blog personnel un sondage BVA / Itélé lui donnant un score plutôt flatteur .

Je cite:

« Selon un sondage BVA-iTélé paru ce jour, 52% des français approuvent la nomination de Jean-Christophe Cambadélis comme premier secrétaire du Parti socialiste. »

Et là, commence ma remise en question. 52% des Français approuvent, c’est énorme! Je n’ose même pas imaginer son score au sein des militants et sympathisants socialistes. Puis si 52% des Français approuvent le personnage à la tête du parti de la majorité, c’est que son travail en temps qu’élu Parisien est connu et reconnu.
Pour finir, 52% des Français ont donc aussi fait table rase de ses condamnations.

Faut que je passe outre mes aprioris concernant le camarade Jean-Christophe.

Décidant savoir si ce sondage BVA pour Itélé publiait d’autres questions sur la nomination du futur premier secrétaire, je me décide donc de faire un tour sur le site de BVA et tombe sur l’intégralité du dit sondage

Et là :

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Je m’aperçois que le néanmoins camarade Jean-Christophe oublie de mentionner sur son blog une information importante :
52 % des Français sont favorables à sa nomination parmi les 35% de personnes interrogées le connaissant, donc, pouvant s’exprimer.

Le résultat mérite donc d’être fortement relativisé et Jean-Christophe Cambadélis, à mes yeux, perd à nouveau du crédit en publiant des info « arrangées ».
Cet enfumage (volontaire ou pas) des chiffres met à mal mon militantisme et alimente ma méfiance à son égard, cette méfiance aux bases solides due à son passé judiciaire et son mode de nomination.

Cambadelis, quand la persévérance paye ! Ou pas !!!

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Ne jamais baisser les bras, toujours persévérer !
Tel est le conseil que peut désormais nous donner le récent héritier du grand bureau de la rue de Solférino, car il en aura fallu à Jean Christophe Cambadelis de la patience, des négociations, du stratège, et de la chance avant de prendre la tête du Parti Socialiste.

1996, c’est durant cette année que commence la « quête du St Graal » pour Cambadelis face à un certain … François Hollande.
Et c’est finalement 18 ans plus tard qu’il l’obtient.

Mais sans la manière.

La méthode d’obtention (une simple désignation par son prédécesseur Harlem Désir) du poste de Premier Secrétaire par Cambadelis est vivement critiquée au sein du PS.
Sans pour autant comparer cette nomination aux méthodes utilisées par Copé pour obtenir la Présidence de l’UMP, la démocratie interne du PS donne le sentiment d’être bafouée, et déjà des voix contestataires se font entendre :

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Sans oublier le communiqué de « Maintenant la gauche ».
Je ne cite là que quelques exemples parmi de nombreuses réactions, et vous épargne le dégoût exprimé de la part de nombreux militants, comme moi, prêts à rendre leur carte.

Désigné à ce poste pour sa capacité de rassemblement, poussé sur le devant de la scène par Harlem Désir, Cambadelis se retrouve déjà isolé et seul.

Pour lui, la persévérance a bien payée, mais sans la manière.